Ginny Soskey

Sur la trace du mercure chez les chercheurs d'or du S n gal
Sur la trace du mercure chez les chercheurs d'or du S n galA l du S n gal, Les orpailleurs clandestins extraient l de mani re artisanale en utilisant du mercure. L de ce m tal provoque une pollution de l qu doctorant de l a tudi e durant quatre ansImmobilis au milieu du Niokolo Koba dans le sud est du S n gal, Birane Niane voit non sans appr hension le soleil descendre vers l Deux pneus de son v hicule ont explos en m me temps, manquant de peu de l dans le d cor. Le doctorant la Section des sciences de la Terre et de l (Facult des sciences) est seul en pleine brousse, dans un parc connu pour sa faune d grande richesse et notamment pour ses lions. Plus que pour lui m me, il craint pour son pr cieux chargement: des chantillons d de sol, de chair de poisson et de cheveux humains, qui doivent tre maintenus une temp rature de 4 C. Tout serait perdu s devait passer la nuit dans le parc, loin de toute source d lectricit pour alimenter le petit r frig rateur install l re de sa voiture. Et la th se qu compte soutenir prochainement Gen ve sur l clandestin dans la r gion recul e de Kedougou et la contamination au mercure qu engendre pourrait prendre un s rieux retard.Ce n pas premi re fois que les pneus le trahissent depuis qu a commenc ce travail. Au d but de cette campagne de juin 2013, ses gommes d j bien lisses ont perdu l rence avec la route et l envoy dans une profonde orni re dont il n pu sortir qu l des habitants de l Et, en 2011, quand il s rendu pour la premi re fois sur le terrain en compagnie de son directeur de th se Robert Moritz, professeur associ au D partement des sciences de la Terre, il a carr ment fallu acheter quatre nouveaux pneus avant m me de prendre la route. Ceux quipant le v hicule taient us s jusqu la corde, jamais ils n tenu le coup durant les 12 heures de route qui s parent Dakar, la capitale, de leur destination, les rives du fleuve Gambie et les mines d situ es dans la partie la plus orientale du S n gal.Proche des zones aurif res historiques du Mali et du Ghana, la r gion de Kedougou conna t depuis dix ans un d veloppement important de l artisanal. Les chercheurs d issus des populations locales mais, aussi, de plus en plus souvent des pays voisins, suivent comme un essaim d les compagnies mini res officielles qui exploitent les filons au gr de leurs d couvertes. Ces mineurs artisanaux ne disposent cependant pas des m mes moyens que l pour extraire le pr cieux m tal. Leur technique, c le mercure. Le probl me, c que c interdit. Et pour cause: ce m tal liquide est extr mement toxique pour l et la sant (lire encadr en page XXX).Po le frire Les chercheurs d ne s soucient gu re. Leur mode op ratoire consiste creuser un trou dans le sol ou pr lever les alluvions le long du fleuve Gambie. Ils en extraient le minerai et le concassent jusqu le r duire en poudre. Ils y ajoutent ensuite le mercure pour former une sorte de p te grise qu p trissent mains nues comme du pain. L e est d le rendement de l Le mercure poss de en effet la capacit de se lier facilement l et peut ainsi concentrer jusqu particules les plus fines du m tal jaune. L mercure or est ensuite isol du reste de la p te de roche puis chauff dans une po le frire plac e sur un r chaud gaz afin d vaporer le mercure, qui est un l ment tr s volatil. Au final, il ne reste donc plus que l cours de cette op ration, le mercure s chappe massivement dans l mais aussi dans le sol et dans l L , les bact ries transforment le m tal lourd en m thyl mercure qui est ensuite absorb par le phytoplancton. Il entre ainsi dans la cha ne alimentaire pour ne plus en sortir. Il s accumule et se concentre au fur et mesure que l gravit l chelle des pr dateurs. Les poissons piscivores sont les plus intoxiqu s. Ils sont attrap s par les p cheurs locaux qui les consomment et sont contamin s leur tour.Bien qu soit r cent au S n gal, le ph nom ne est archi connu. Il se r p te dans de nombreuses r gions d d rique du Sud et d Les gouvernements concern s et l des Nations unies en sont conscients et il existe de nombreux programmes pour tenter d rem dier. Sans grand succ s toutefois. L t du gain imm diat et la n cessit de faire vivre sa famille prime g n ralement sur le risque sanitaire. Celui ci est d moins visible que les populations concern es sont tr s mal inform es ce sujet. escarpins mocassins femme Originaire du S n gal, Birane Niane a voulu tudier l tendue de la contamination au mercure dans l de son pays. vendre des chaussures Son travail est bout touchant. Dans son petit frigo, qui menace maintenant de se r chauffer et de rendre son contenu inexploitable, il transporte les derniers chantillons qu a pr lev s sur le terrain. Tous ses efforts risquent d tre r duits n ant.Refus cat gorique Car approcher les populations de la r gion de Kedougou et obtenir leur collaboration n pas t facile. M me pour lui, pourtant s n galais. Natif de Dakar, la grande ville de l et ne parlant pas la langue locale, il a d veill des soup ons chez les orpailleurs clandestins qui, pendant un an et demi, ont cat goriquement refus qu pr l ve des chantillons de leurs cheveux. L de ces derniers repr sente une des m thodes pour mesurer le taux de mercure concentr dans l m decin chef de la r gion lui a alors conseill de passer par un r seau mis en place pour les campagnes de vaccination et qui compte des relais dans chaque village. C ainsi que les portes se sont entrouvertes et les langues d li es. Il a pu distribuer des questionnaires et m me pr lever des cheveux.Mais Birane Niane a d rester prudent. Hors de question de prononcer le mot mercure , par exemple, un terme banni du vocabulaire puisque l de ce m tal est illicite. Ici, tout le monde parle du produit . Il est import en contrebande et s change dans de petits sacs en plastique sans autres pr cautions.Pollution silencieuse Les r sultats pr liminaires ont pu d montrer qu s seulement dix ans d clandestin dans l du S n gal, une pollution silencieuse au mercure s install e. Les sols et s diments des points d proches des exploitations artisanales et des lieux o se pratique l de l sont contamin s des taux entre 10 et 100 fois plus lev s que dans les zones plus loign es. Les petits poissons p ch s dans le fleuve Gambie pr sentent des concentrations de mercure allant jusqu 0,5 milligramme par kilogramme de chair fraiche, ce qui est la limite recommand e par l mondiale de la sant (OMS). Ce taux triple toutefois chez leurs pr dateurs comme le brochet africain.Les communaut s humaines ne sont pas pargn es bien que les cas d d passant les normes en vigueur aux Etats Unis (qui sont deux fois plus s v res que celles de l soient encore rares. De mani re g n rale, les taux de mercure mesur s dans les cheveux des occupants des sites d augmentent avec la fr quence de consommation de poisson. Les intoxications les plus importantes ont lieu dans les villages isol s plut t que dans la grande ville de la r gion o l d de l est inexistante et o l est plus diversifi e.Dans les communaut s traditionnelles encore tr s attach es la s paration des t ches, une diff rence appara t entre hommes et femmes. Les premiers, qui r alisent les travaux lourds d et de concassage du minerai sont moins expos s que les secondes qui manipulent le mercure. Finalement, des traces de m tal sont galement pr sentes dans les cheveux d g s de 0 7 ans. Il s l d h ritage de leur m re qui a ing r du mercure lors de sa grossesse et l transmis au f g n ral, les taux sont sous la limite admissible mais il est urgent de prendre des mesures pour viter que la situation ne s La difficult r side dans le fait que l repr sente souvent la seule source de revenus pour ces familles. Les en priver risque de les renvoyer dans la mis re.Distiller l La solution passe in vitablement par une meilleure information des populations rurales et par l volution des techniques d Il existe d des dispositifs, s des alambics, qui permettent de r cup rer et de recycler les vapeurs de mercure. Chaque village pourrait en poss der un et les orpailleurs viendraient y distiller leur amalgame. Le syst me est tr s efficace mais, dans les faits, quasiment pas utilis . Les orpailleurs y voient une man du gouvernement pour les arr ter ou les taxer.Bref, il y a encore du pain sur la planche, songe Birane Niane, toujours coinc au beau milieu du Niokolo Koba, lorsqu aper oit, au loin, un v hicule s C un camion. Le chauffeur accepte de l au centre qui g re le parc. Les gardiens, sensibles aux arguments scientifiques du doctorant, trouvent deux roues de secours et retournent avec lui vers la voiture laiss e en rade 5 km de l . Birane Niane peut alors reprendre sa route. Juste avant la nuit, il trouve un endroit o loger Tambacounda, le premier village la sortie du parc. Sa pr cieuse cargaison est sauv e. Elle sera achemin e sans encombre jusqu Gen ve.Anton VosLes effets du mercure sur la santIl y a des renomm es dont on se passerait volontiers. C le cas de celle de la ville de Minamata au Japon. Dans les ann es 1950, une trange maladie y fait son apparition parmi la population de p cheurs. Des mains et des pieds paralys s, des difficult s marcher et parler, puis des convulsions et des morts. En 1956, sur 54 patients identifi s, 17 sont d c d s. Aujourd 65 000 personnes ont demand tre consid r s comme atteints par la maladie de Minamata , des degr s de s v rit divers, et toucher une indemnit des autorit s nippones. La cause de cette pid mie? Des quantit s spectaculaires de mercure d vers es entre 1932 et 1968 directement dans la baie de Minamata par l chimique Shin Nippon Chisso Hiryo, provoquant l des plus d sastreuses pollutions industrielles de l mercure (concentr sous forme de m thyl mercure dans les poissons et les fruits de mer) est un neurotoxique. Une consommation trop haute dose peut causer des affections neurologiques, des maladies auto immunes ou encore des malformations cong nitales. On estime que 37% de la pollution au mercure provient aujourd des mines d artisanales.En octobre 2013, 147 pays ont sign la Convention internationale de Minamata sur le mercure visant r duire les missions de mercure par les centrales au charbon et autres installations industrielles; liminer cet l ment d 2020 de nombreux biens de consommation; diminuer l du mercure dans les amalgames dentaires et fermer toutes les mines de mercure 15 ans apr s que la convention soit entr e en vigueur, soit lorsque 50 pays l ratifi e.

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